Le retour a été beaucoup moins idéal. Le poste frontière a encore fait des manières, et cette fois autrement plus oppressantes, qu'à l'aéroport de Tel Aviv. Des questions très pesonnelles et très mal placée sur la religion, sur ma famille, sur mes croyances en l'état d'Israël, bref des acharnés de légitimité. Passé un certain point de tolérance de leur parano et de leur terreur de l'arabe, on commence à trouver ça pénible et là l'enfer commence. Finalement, 7 heures sur un banc du poste frontière entre désert jordanien dit de Arava et le Neguev.
Ces 7 longues heures passées à attendre littéralement, que l'on m'accepte sur le territoire, à voir passer les touristes allemands en 5 minutes, m'ont fait rater le bus. L'unique bus de l'après midi qui devait me ramener sur Jérusalem, à 500 km de là. Alors démarre la longue route dans le vent sablonneux de la nationale Eilat/Jérsalem. 5 heures de stop, une insolation, des rencontres improbables, allant de l'instit' prolétaire déçue par la gauche israélienne, aux obèses descendants d'américains qui mangent des chips trempées dans de la crème de jus de beurre, avec du coca of course.
Je suis arrivée à Jérusalem très tard et sous un choc que je n'avais pas anticipé. L'interrogatoire de la police israélienne avait eu raison de mon cynisme. Je perdais mon souffle. Je me suis remis de mes déboires avec le fatalisme habituel. Je suis retournée dans mon camp de réfugiés, dans mon ONG, dans ma maison de Bethhléem, en territoires occupés. Et c'est seulement là que j'ai réalisé vivre à l'étranger. À nouveau j'étais en transit. Un visa de trois mois dans mon sac à main, certes, mais pourquoi et pour qui ?
Ce n'est pas pour rien que j'ai reçu à peine rentrée de mon séjour, un mail de ma coordinatrice, qui disait vouloir repenser et les ateliers photo mis en place. Car après tout, il fallait regarder la vérité face, ça n'allait pas du tout. Les gosses arrivent en retard, les cours ne sont pas appris, le matériel n'est pas entretenu, bref, travail d'arabe !!!
On a donc eu 36 rdv en 24 h, t me voilà partie pour 6 à 8 semaines de formation pour adultes, chambre noir, scanning et photoshop.
De la photo, de la vraie.
Mes productions personnelles s'accumulent, le temps, le goût pour l'editing d'images, me font gravement défaut et je devrai pouvoir éditer 12 bouquins sur le croissant fertile d'ici mon retour en terre métropolitaine.
J'ai trouvé un chaton abandonné. Je lui ai donné du lait à la seringue, j'ai dormi avec 2 nuits pour qu'il est chaud. Il est mort hier soir. Je l'ai enterré sous un olivier.
Aujourd'hui est je crois un jour assez représentatif de ce qu'est la Palestine dans les esprits...
Une chaleur digne de celle que tout un chacun s'imagine des pays arabes, des oliviers qui bourgeonnent et des juifs en campagne pour prospecter les terres où ils vont construire leurs prochaines colonies.
A l'heure où je m'interroge sur le tournant que va prendre ma carrière de volontaire, maintenant que j'ai fait la moitié du chemin et qu'il est temps de voir plus loin; je pense à l'écriture, à l'édition, à fuir aussi.
Suffit de raconter, voyez plutôt.
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