Thursday, January 31, 2008

Devinez ce qui est de quel côté du mur.... Guess what on what side of the wall




Neige sur la Nativité























A ceux que cela touche de voir des gosses jouer dans la neige...

J'ai passé la nuit chez Anne l'initiatrice du projet Images for life, pour lequel je travaille ici. J'ai pris une douche chez sa voisine Anka, une américo-arménienne, elle aussi volontaire au centre. On a passé la soirée à regarder les photos d'Anne, photographe passée pro il y a peu.
Je ne me fais pas au froid et aux conditions de vie ici, c'est triste à dire mais j'ai bien réalisé qu'une douche chaude n'avait pas de prix et que ça procurait un réconfort bien au-delà du confort que cela représente.
Je ne suis pas du tout équipée pour un hiver en Palestine, mais qui aurait cru qu'il faisait aussi froid dans le croissant fertile, Jésus est toujours à poil tout le temps... La neige fondue qui s'effondre de part et d'autres des toits abîmés et fragiles s'écrase en gros splashs dégueulasses dans les rues inondées du camp. Déjà que je me suis fait bombarder par les gosses des rues des Bethlehem ce matin en allant à l'église de la Nativité... (eh oui héhé) Je ne suis pas rentrée, l'immense place qui mène jusqu'à sa porte était pleine de neige flotteuse que je n'ai pas voulu traverser pour cause de chaussures en toile. J'y ai bien mis des sacs plastiques dedans (savante idée n'est-ce pas) mais le risque était tout de même énorme.
Nous sommes ensuite allé jusqu'à Jéru, à pied, 6 ou 7 km je ne sais pas trop, passant par le check point, j'ai pu découvrir les merveilles d'artistes engagés qui se sont exprimés sur la surface du mur qui sillonne la vallée, et entoure la cité. La ville était calme et belle, Jérusalem est vraiment belle, un dédale de rues très orientales, très lumineuses malgré ce temps maussade.
Il faudrait un peu plus de dictature en Europe, on retrouverait un peu de notre ferveur et créativité artistique...
Je passe le plus clair de mon temps au centre à rédiger des mails. Je suis en attente de réponse des autres groupes de travaux photographiques sur la région.
Un blog commun aux activités et thèmes partagés des ateliers sera en ligne bientôt.
La maison où je loge subit pas mal de coupures de courant, je ne vais pas rester longtemps. Je cherche dès demain un appart où satisfaire mes besoins d'autonomie, de consommation et de confort. Encore une fois sur le tapis ce mot, culpabilisateur.

Tuesday, January 29, 2008

Des chèvres sur les toits




























Hier midi ont eu lieux les funérailles du jeune jetteur de cailloux. KHUSAÏ AL FANDI
Il devait pas être beaucoup plus âgé que celui qui l'a tué. Il a flotté toute la sainte journée, j'ai pris l'eau en attendant de voir sortir le corps en linceul de la mosquée. J'ai du attrappé une grosse crève à me voir frissonner comme je frissonne. Tu parles d'un métier, photographe...
Des centaines d'hommes dehors sous la pluie qui se donnaient une raison d'être réunis s'entassaient dans les rues étroites du camp de réfugié d'
Duheisha, le plus gros de Bethlehem (17 000 hbts). Je suis retsée à l'arrière du cortège avec les femmes. Elles chantaient en coeur des rimes du Cor Han, moi ça me mettait presque la pêche, le rythme litanique et hypnotique des sourates récitées par coeur. J'ai ensuite été prende le thé chez une famille du camp, une jeune femme de 20 ans dont le mari est en prison depuis 10 mois en Israël, pour militantisme auprès du Fatah (le parti de feu Arafat) m'a offert un livre tout en arabe, écrit par des prisonnier du même acabit. Elle et sa famille vivent dans un taudis.
Je n'ai pas peur des mots. Pourquoi aurai je peur d'écrire taudis ?
Ils n'ont pas d'énergie pour se chauffer, pas de bois, pas de matériel éléctrique, rien. Rien qu'Internet et un lecteur DVD pour deux ou trois familles.
Il fait toujours très froid et l'air s'humidifie, le manque de fuel, de gaz et les coupures de courants, n'arrangent rien. J'en suis à mon 4° jour sans douche. Moi qui boycottait les lingettes j'ai du en prendre mon parti. De toute façon les ordures sont brûlées pour la plupart sur les trottoirs. L'ambiance qui règne autour d'une journée de deuil comme celle d'aujourd'hui est assez glauque, car tous voudrait être touché, triste, martyre. Sauf que tous sont habitués, en colère et vivant. Vivant dans une précarité de ghetto sous l'oppression. Choississez, celle que vous voulez. Moi je vais au lit. En esperant que les chèvres sur le toits sont bien attachées.
Yesterday took place the funeral of the young stones throwers. KHUSAÏ AL FANDI He should not be much older than the one that killed him. It rained throughout the holy day, I almost drawn while waiting to see emerge in the body shroud of the mosque. You are a professional photographer, what a job... Hundreds of men outside in the rain, with a reason to be reunited piled in the narrow streets of the refugee camp of Duheisha, the biggest of Bethlehem (17000 hbts). I stayed at the rear of the procession with women. They sang rhymes from Cor Han and hypnotic rhythm litany of suras recited by heart. Then I was invited to take some tea with a family in the camp, a young woman of 20 years whose husband is in prison for 10 months in Israel, with the militant Fatah (the party of the late Yasser Arafat) gave me a book in Arabic, written by prisoner of the same ilk. She and her family live in a slum. I am not afraid of words. Why will I be afraid to write slums? They have no energy for heating, no wood, no electrical equipment, nothing. Nothing the Internet and a DVD player for two or three families. It is still very cold and the air becomes damp, lack of fuel, gas and power cuts currents, do not help. I am in my Day 4 without a shower. Moi that boycotting the wipes I had to take my party. Anyway garbage are burned for most on the streets. The prevailing environment around a day of mourning like today is quite gloomy, since all would be affected, sad martyrdom. Except that everyone is accustomed to, angry and alive. Life in a precarious ghetto under oppression. Choose, the one you want. I go to bed. In hope that the goats on the roofs are properly secured.

Monday, January 28, 2008

JARDIN D'ACCLIMATATION















Il Il faisait très beau mon premier jour. Une illusion de charme...Voila que je suis arrivee entiere donc, pas crashee dans un stupide accident d avion a Ben Gurion l aeroport de Tel Aviv, capitale d Israel la belle, mais tristement parano et flippee comme c est pas permis.

3 heures d interrogatoire digne d un sketch des nuls sur Tsahal, si skecth des nuls sur Tsahal il y avait eu. Ai du mentir aux autorites israeliennes pour aller donner de mon temps de rmiste aux palestiniens, je suis trop baleze dites, qui veut, qui veut mentir aux gentils flics de la douane israelienne apres 10h d avion, a 5h du mat pour dire que vous n avez jamais ete en contact avec quelque ONG que se soit... never, ever, I swear...
"My father ???
Nooooo, I haven t seen him for yeeeaaaaars...
Is he muslim ?
Eurgh.... No he s an artist, he s french, lives in Asia, I don t know him actually... He might be dead, killed by jewish terrorist during the 6 days war, euh I mean he might be away, working on new piece of art. "
Drole d assurance, de self confidence et de motivation pour convaincre ces jeunes fonctionnaires que je n etais pas un danger pour leur patrie, laique n est ce pas. Si, si Israel est laique je vous dis. Laique mais pas demilitarisee.
Ils ont donc cede, apres de vaines investigations dans mes sacs, vides depuis CDG ou j ai du laisser un tiers de surplus de bagage, (special dedicace a Pierre qui est rentre comme un manouche avec des sac platoques Place de Clichy avec mes fringues dedans...). Et enfin les portes de la sainte terre s ouvraient. Lumiere magnifique et froid venteux, (ca caille sa race) il fait 10 degres dans ma chambre ou je je suis chauffee a la resistance halogene et dans un immeuble sans eau chaude... Trop la fete, pensez a moi a chacune de vos douches.
Apres un week end agite et tres occidentale a Jerusalem avec mon ami Vale qui bosse au consulat, je suis enfin, en tous cas finalement arrivee a Bethlehem sur les lieux de travail ou je suis censee rester 6 mois. Desolee pour la ponctuation mais les clavier qwerty je maitrise moyen pour l instant. Si je a Jerusalem on vit comme a la maison, dans les territoires et en particulier dans le camps de refugies, il n y a pas de confort. Ou du moins tres peu. Je vais tenter ce soir de me faire une tite toilette de chat avec l eau bouille sur le gros camping gaz qui trone au milieu du Hammam, la salle de bain. Ou bien j irai chez Amy demain. (Amy ma collegue so brit qui vit en centre ville en coloc).
Centre ville un peu sous le choc ce soir car des incursions armees israeliennes ont eu lieues pour la premiere fois depuis longtemps en plein jour, cet apres midi a Bethlehem. Pour des raisons assez floues. Paraitrait qu ils cherchaient des WANTED PALESTINIANS, 3 lanceurs de pierre blesses, un mort, 17 ans. Plus belle la vie.
Je ne suis pas venue pour rien.
On ne s ennuie pas ici.
Enfin si on s ennuie un peu, mais le coeur est toujours a bloc d adrenaline. Les bruits chelous, les voitures qui roulent a toute berzingue... On ne s entend pas s ennuyer ni meme dormir.
Je vis chez une vieille dame, au rez de chausse d une maison de famille (une celebre et tres nombreuse famille du camp) a qqles metres du centre AL ROWWAD ou je bosse. Je suis bien tranquille, meme si je suis un peu seule. J ai ma cuisine, mon fridge, ma salle de bain... je verrai vite si je prefere la compagnie d une bande de coloc expats ou bien si je prefere le confort mental de l ascese presque monacale de ma logeuse.
J ai faim et froid, pas tant que les gamins en tong qui se baladent autour de chez moi, mais j ai beau insister je ne deviendrai pas une palestienienne sans papier enfermee entre les murs de la colonie. Je serai toujours AGATHE SALEM nee le 13/11/81 en banlieue de Paris, de nationalite francaise. Et si ma gueule dit parfois autre chose, mon passeport est affirmatif.
Profitez donc de pouvoir voyager tant que notre pays est un pays libre de droits car il fut un temps ou ces terres etaient libres aussi. Et personne ne sait ce que vaudra un passeport francais dans 50 ans. Un terroriste sommeille en chacun de nous.
Demain il parait qu il neige. Demain des photos et de la ponctuation.
He It was my first beautiful day. An illusion of charm ... Voila that I arrived whole, therefore, not crashee in a stupid accident aircraft Ben Gurion airport in Tel Aviv, the capital of Israel beautiful, but sadly freakin out and paranoid as it is not allowed. 3 hours of interrogation. "My father? Nooooo, I haven t seen him for yeeeaaaaars ... Is he Muslim? Eurgh .... No he s an artist, he s french, lives in Asia, I don t know him actually ... He might be dead, killed by jewish terrorist 6 days during the war, uh I mean he might be away, working on new piece of art. " Funny insurance, self confidence and motivation to convince these young officers that I n etais not a danger to their homeland, secular n is not. If Israel is secular if I tell you. Laïque but not demilitarized. So they cede, after investigations into empty my bags, empty since CDG or j ai laissez third was excess baggage, (special dedication was Peter who is returning as a gypsy with bag platoques Place de Clichy with my clothes inside ...). And finally the doors of the Holy Land opened s. Lumiere wonderful cold and windy (ca quail race) it is 10 degrees in my room where I had my heated halogene and the resistance in a building without hot water ... Too la fete, I think has had each of your showers. After a weekend very agitated and West Jerusalem with my friend who Vale bump at the consulate, I finally, in any case Bethlehem has finally arrived at the workplace or I am supposed to stay 6 months. Sorry for punctuation, but I qwerty keyboard mastery way for the moment. If I live in Jerusalem as a home, in the territories and in particular in the refugee camps, there is no comfort. Or at least very little. I will try tonight to get a tite toilet chat with boiled water on the big camping gas throne in the middle of Hammam, the bathroom. Either I go home tomorrow Amy. (Amy brit so my colleague who lives in the city centre roommate). Downtown somewhat in shock tonight because of armed Israeli incursions took leagues for the first time in a long time, in broad daylight, this afternoon was Bethlehem. For reasons somewhat fuzzy. They were seeking WANTED PALESTINIANS, 3 launchers stone wounded, one dead, 17 years. Overweight people. I did not come for nothing. It does not bother here. Finally if s a little bored, but the heart is still a bloc of adrenaline. The chelous noises, cars that roll has any berzingue ... It does not mean s bored nor sleep. I live in an old lady, the ground floor of a family home (a famous and very large family of the camp) has qqles metres from the centre AL ROWWAD or I bump. I am quite calm, even though I am only a little. I had my kitchen, my fridge, my bathroom ... I will see quickly if I preferred the company of a band of expats roommate or if I preferred the comfort of mental almost monastic asceticism my landlord. I m hungry and cold, not as much the kids I saw in sandals who walk around with me, but I can do whatever I want I won t become a paperless palestienian locked within the walls of the colony. I will always be AGATHE SALEM 13/11/81 born on the outskirts of Paris, French nationality. And if my mouth is sometimes said something else, my passport is affirmative. Take advantage of being able to travel as our country is a country free of rights because there was a time or those lands were also free. And nobody knows what will be worth a French passport in 50 years. A terrorist dormant within each of us. Tomorrow it seems that it snows. Tomorrow photos and punctuation.

Thursday, January 24, 2008

SHOUL I STAY OR SHOULD I GO ? Delayed by the administration

After 3 days of compromises between me, Czechairlines and the insurance swindlers from Govoyages, I finally get a ticket from Paris CDG to Tel Aviv for tonite at 20h45 departure time.
Supposing everything goes right during the journey I should be at Ben Gurion airport at about 6am on the 25th of january. Remenber that day, I would be the first time I step on any saint place.