Marrez vous.
Aujourd’hui j’ai battu mon propre record avec un éveil à 7h20, je n’ai même pas osé me sortir du lit, celui où je dors avec Sandra de peur de la réveiller. J’ai donc regardé ma montre, ses aiguilles et fini de rêvasser en comptant les secondes de la trotteuse. Il s’est passé trop de chose pour que je me permette des détails, je vais me contenter de l’essentiel sachant que ma haine a commencé avec la colonisation.
Depuis que je suis installée dans un chez moi, mon activité au centre s’est considérablement accélérée. Tout est même allé un peu trop vite. J’ai voulu faire démarrer les ateliers photo avant même d’avoir défini un programme. A vrai dire je m’ennuyais un peu et soit je me mettais au défi de mettre en place les workshops auxquels je pense depuis 3 mois, soit je tombais le mauvais rôle du volontaire qui ne sait pas quoi faire et qui attend qu’on lui jette des missions, par mail si possible, pour éviter toute confrontation physique avec le staff du centre qui vous teste sur les premières semaines. Après quelques jours de doute terrible j’ai fini par reconsidérer avec aplomb ma présence ici. Montrant ainsi que je n’étais pas venue pour un stage d’observation ni à cause d’un mal de culpabilité envers les opprimés. La bonne tournure des choses ici est un art tout particulier. Aux amateurs d’autogestion et d’anarchie, sachez que cela demande une quantité d’énergie incommensurable et une patience sans limite. Car si souvent les bonnes lois de la nature se vérifient et que le droit d’aînesse fonctionne, dans le pays des lois (haha) en Palestine en tout cas, elles n’ont pas toutes réussies à se faire respecter. Souvent les mauvaises surprises, celles ennemies du bon sens, viennent malgré ma vigilance, se planter dans mon dos comme autant de petites fléchettes. Il faudra donc beaucoup d’adresse pour les retirer, une par une, bien sure.
Les ateliers ont donc bel et bien commencé. Loin du regard paternaliste des Gobelins qui ignore mes mails et mes relance de partenariat. Sans doute le big boss de la chambre de commerce est il juif.
Nous y pratiquons l’enseignement de la photographie numérique. Car pour l’instant les locaux de la chambre noire sont en cours de nettoyage et surtout parce que le but de cette année et de 2009 pour le centre, c’est de former les jeunes à une réalité professionnelle. Aujourd’hui, les médias sont beaucoup moins présents, influents et pesants en Palestine que partout ailleurs dans le monde et les jeunes générations (52% de la population de Palestine a moins de 18 ans). Le tout numérique, la pollution par l’image, le Beigbedisme n’existe pas. Il faut donc trouver un moyen de faire comprendre a ce petit monde que la photo n’est pas qu’un jeu, que ça a un coût, un gros coût même et que notre présence ici se justifie autrement que par la culpabilité occidentale. Surtout pour les vilains petits canards comme moi, qui n’ont ni dieu ni maître.
Je ne sais pas par quoi vous dire. Dois-je remonter dans le temps ou bien narrer mes émotions par intensité. Je peux dire déjà que tous les mardis et samedis (sachez que la semaine commence le dimanche après shabat pour les juifs et vendredi pour les muslims) je vais à l’A.I.C. l’alternative information center de Bethléem. Ils y projettent des documentaires souvent très percutants et souvent très durs à avaler : les enfants jeteurs de pierres en prison à 12 ans, les réfugiés de Somalie et du Soudan qui crèvent dans les rues de Tel Aviv, des chiffres, des images, des larmes, des coups de sang. Un vaste programme qui se cache et qui emploie tous ses moyens, aussi minces soient-ils pour diffuser et faire connaître LES vérités sur ce conflit aux allures jumelles de l’Apartheid. Cet endroit m’a fait rencontrer pas de mal de monde, des Eucuméniques qui surveillent les abus aux check points, des instits qui essaient de conserver l’arabe en première langue dans les écoles devant l’anglais, des alcooliques, des bureaucrates, des déçus, des blasés, des plein d’espoir.
Pour ma part il a contribué à me faire garder une once de colère assez vive, pour ne pas céder à la mode du renoncement à s’engager. Parce que comme je l’ai dit un soir où l’on a voulu m’empêcher de faire venir un photographe Israélien au centre, je ne vais pas faire semblant d’être venue parce qu’on me proposait un super job bien payé. Non. Je suis venue prôner une paix qui est celle de la rencontre et de l’acceptation des faits. Les Israéliens sont là. Certes il est temps d’arrêter l’occupation mais aussi d’arrêter de croire qu’ils vont s’en aller. L’une et l’autre idée se marche sur les pieds sans penser qu’il s’agit de pouvoir faire avec. Je ne peux pas boycotter Israël. Je ne peux cautionner l’islam d’aujourd’hui. Des concepts qui ne vont pas dans le sens des événements c’est certain, et cela me coûte souvent remontrances et dénigrements. Pourtant je ne céderai pas à l’envie d’être militante aveugle. Car si reprend depuis le début ; ce conflit est un monstre d’incohérences et de mythologies. Le problème de la majorité des Arabes c’est tout de même qu’ils sont musulmans, et au jour d’aujourd’hui ça les handicape très sérieusement.
Pour parler de trucs plus cool, hier je suis allée sur un terrain à Bet Sahour en banlieue de Bethlehem où une asso s’occupe de recréer des terrasses contre la descente des terres dans la vallée. Avec pour but de reboiser des oliviers pour qu’à terme la terre s’occupe d’elle toute seule. C’est un peu ce qu’on fait tous ici. Faire en sorte qu’après notre départ les éléments soient autonomes (colonie colonie ni ni ni…). Seulement à voir comment les gens du coin s’occupent de leur terre, je ne présage rien de bon. Nous étions proche d’une route qui s’élançait en dehors de la ville, à la limite de celle-ci, dans la campagne désertique mitoyenne des dernières maisons. Et bien sur les bords de cette route s’amoncelaient des tonnes de gravats et déchets. Un bien triste constat qui est sans doute le même dans 70% des pays du monde. Mais je ne crois pas que j’en aurai un autre si j’avais été ailleurs. L’environnement est depuis que je suis gosse, quelque chose qui me chagrine et auquel je ne peux pas grand chose. Pour certains et c’est sans doute très vrai, la très proche et très attendue révolution verte, va devenir le dernier moteur des pays riches pour rester dominants des pays pauvres. Et pis c’est tout. Mais puisque j’avais dit que je dirai des trucs cool je voulais préciser que piocher la terre meuble et prendre (enfin) le soleil a été un vrai bonheur. Je vous paysage avec les paysages.
Mercredi dernier je suis allée à la cinémathèque française de Jérusalem, où Vale the Queen me fait entrer d’un coup d’invitation consulaire. S’y trouvait projeté le documentaire hyper chiant mais très émouvant d’Alain Fleischer (le directeur du Fresnoy) sur la vie ma vie de Jean Luc Godard. Pauvre Godard qui n’a pas et ne sera pas juif. Jamais.
Je me suis faite engager sur ces entrefaits par le directeur CCF Romain Gary de Jérusalem (centre culturel français) pour prendre quelques photos, non payées bien sure (avez vous oublié que la pratique de la photographe est un acte non reconnu et donc bénévole) avec le petit compact de Vale, et bien non je ne promène pas mon appareil partout, surtout quand je vais à des dîners (oui parce que j’ai aussi été invité à dîner avec le consul général et toute la clique) officiels où je suis invité sur carton.
http://www.forumdesimages.fr/fr/alacarte/htm/ACTUALITE/FLEISCHER.htm
http://lefresnoy.net/
Je me suis donc faite un peu connaître, de ces messieurs les notables, on a très bien mangé cela dit, moi j’adore les dîners.
A part ça il a encore neigé et mon premier cours de photo a été un vrai fiasco car quand il neige c’est un peu comme à Montpellier, personne ne va bosser. Je suis donc resté avec Larry à attendre, en trépignant. Je me suis pour le coup permis une remise des pendules à l’heure avec les jeunes la séance d’après car, bordel, ce n’est pas parce que les cours sont gratuits qu’il faut se la jouer trop free non plus.
Je ne suis pas encore allée visiter les environs, je n’ai pas le temps, par d’argent. Peut être irai je à Ramallah, bientôt, il paraît que c’est une très belle cité, et je dois y trouver un magasin qui vend tous les logiciels crackés du monde à 15 SIL (3 euros).
Pour le reste je ferai ma touriste avec Pierre qui est très chanceux d’arriver jeudi prochain le premier jour le plus chaud prévu de 2008 à Jérusalem.
A tous ceux qui voudrait venir visiter les parages, soyez les bienvenus, le pays est beau et la lumière merveilleuse. Israël est de l’autre côté du mur, elle ne nous verra pas.
HERE A BAD TRANSLATION FROM GOOGLE:
In recent days, a miracle took place, a kind of magic took control of me. Something that I knew, but which remained foreign, the setting of the biological clock. OK laugh.. Today I beat my own record waking up at 7:20, I did not even dare get out of bed, fearing to wake Sandra who I share the room with. So I looked at my watch, stared at the hands, and daydreamt, counting the seconds away. Too many things have happened to detail, so I'll keep the essential knowing that my hatred began with the colonization. Since I moved in my new home, my work at the center has accelerated considerably. Even went a little too fast. I wanted to start the photo workshops before even having identified a program. Actually I got a little either and I put the challenge of setting up the workshops which I think since 3 months, I got the wrong role of the volunteer who does not know what to do and that he is waiting casts missions by mail if possible, to avoid physical confrontation with the staff of the centre, which is testing you on the first few weeks. After a few days of terrible doubt I ended up with strength reconsider my presence here. Showing and I did not come for a period of observation or because of a lot of guilt against the oppressed. The auspicious continuity of things here is a very special art. For lovers of anarchy, know that this requires an immeasurable amount of energy and patience without limit. Because so many good laws of nature are verified and that the right birthright works, in the country of Laws (haha) in Palestine, in any case, they do not all manage to gain respect. Often unpleasant surprises, the enemy of common sense, come despite my vigilance, crashed into my back like so many small darts. This will require great skill to remove them, one by one, well sure. The workshops have well and truly begun. Far from the eyes of paternalistic Gobelins that ignores my emails and my revival partnership. No doubt the big boss of the chamber of commerce there is a Jew. We practice the teaching of digital photography. For the moment the premises of the dark room is being cleaned and foremost, because the purpose of this year and 2009 for the center is to train young people to a professional reality. Today, the media are much less present, and influential in Palestine cumbersome than anywhere else in the world and the younger generation (52% of the Palestinian population is under 18 years). The all-digital, pollution from the picture, Beigbedisme does not exist. We must therefore find a way to understand what a small world that the picture is not a game, that it has a cost, a heavy cost and that our presence here is justified by means other than Western guilt. Especially for black sheep like me, who have neither god nor master. I do not know what to say. I can already say that all Tuesdays and Saturdays (please note that the week begins on Sunday after shabat for Jews and Friday for muslims) I go to AIC The alternative information center of Bethlehem. They are planning documentaries often very sharp and often very hard to swallow : children stone throwers in prison, refugees from Somalia and Sudan who die in the streets of Tel Aviv, numbers, images, tears, bloody beatings. An extensive programme hiding and employs all its capabilities, as thin as they may to disseminate and publicize THE truths about the conflict with the twin allures of apartheid. This place made me meet no harm in the world, Eucuméniques who monitor abuses at checkpoints, instits who try to keep the first Arabic language in schools before the English, alcoholics bureaucrats, disappointed, bored, hopeful. For me it has helped me keep an ounce of anger deep enough, not to yield to the mode of renunciation commitments. Because as I said one evening where we wanted to help bring Israeli photographer at the centre, I am not going to pretend to be coming to me because they offered a super job well paid. Not. I came advocating a peace that is the meeting and the acceptance of the facts. The Israelis are there. Certainly it is time to stop the occupation but also to stop believing that they are going to go. Both idea to walk on his feet without thinking that they are able to do with it. I can not boycott Israel. I can not endorse Islam today. Concepts that will not in the sense of events for sure, and it often cost me admonitions and vilification. Yet I do not hand over to the militant desire to be blind. Because if begins again, this conflict is a monster of inconsistencies and mythologies. The problem of the majority of Arabs it's just that they are Muslims, and today the crippling it very seriously. To talk about more things cool, yesterday I went on a field at Bet Sahour on the outskirts of Bethlehem where a combination handles recreating terraces against the descent of land in the valley. With aim to replant olive trees for the land that ultimately cares for its own. It's a bit what we do all here. Ensure that after our departure the elements are autonomous (colony colony nor nor nor…). Just to see how the locals deal with their land, I do not bode well. We were close to a road that s'élançait outside the city, on the edge of it, in the desert campaign of the last terraced houses. And on the edge of the road increased tons of rubble and waste. A very sad observation that is probably the same in 70% of the world's countries. But I do not think I will another if I had been elsewhere. The environment is since I kid, something that hurts me and I can not much. For some, and it's probably very true, very close and long awaited green revolution, will be the last engine of rich countries to remain dominant in poor countries. And worse is all. But as I said I say cool things I wanted to draw clear that the loose soil and take (finally) the sun was so happy. I landscape with landscapes. Last Wednesday I went to the French Cinematheque in Jerusalem, where the Queen Vale brings me a coup d'consular invitation. There were screened the documentary hyper boring but very moving Alain Fleischer (the director of Fresnoy) on the lives of my life Jean Luc Godard. Poor Godard who has not and will not be Jewish. Never. I made engage on these entrefaits RTC by the director of Jerusalem Romain Gary (french cultural center) to take some photos, although not paid for sure (have you forgotten that the practice of photographer is an act not recognised and therefore volunteer) the small compact Vale, and I not be not my camera everywhere, especially when I go to dinner (yes because I have also been invited to dinner with the Consul General and the whole clique) official asked where I on cardboard. Http://www.forumdesimages.fr/fr/alacarte/htm/ACTUALITE/FLEISCHER.htm Http://lefresnoy.net/ So I made a little known, these gentlemen notables, it was very well eaten however, I love my dinner. Apart from that he still snowed in during my first picture was a real fiasco because when it snows it's like in Montpellier, nobody is going to work. So I stayed with Larry in the pipeline, trépignant. I move for a go-around in time with young people after the meeting because, brothel, it is not because the courses are free of the need to play it too free either. I am not yet gone look around, I do not have the time, money. Maybe I go to Ramallah, soon, it seems that this is a very beautiful city, and I have to find a store that sells all software in the world cracked 15 SIL (3 euros). For the rest I will do my tourist with Pierre who is very lucky to arrive next Thursday on the first day the hottest planned 2008 in Jerusalem. To all those who wished to visit the area, welcome, the country is beautiful and wonderful light. Israel is on the other side of the wall, it will not see us. | ||
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1 comment:
Salut toi, je t'envoie des sacs de bisous!
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